Il ne s’agit pas de partir pour partir. Ça, les agences de voyages et les immeubles flottants de 10 étages pour croisière maritime le font déjà, il s’agit de partir pour retrouver sa liberté de penser, d’agir et de découvrir où l’on veut aller.

 

prendre conscience de notre entière responsabilité dans la conduite de notre vie

 

Quand une civilisation périclite ou qu’une église

Semble à l’agonie, quand un peuple se couche où capitule

Devant son destin, ce n’est jamais, quoi qu’on en dise

La morale d’abord qui « fout le camp »

Le civisme ou la foi qui meurent.

C’est toujours, d’abord, l’Homme… 

Qui périclite, se meurt où capitule !

C’est toujours l’homme, d’abord qui… fout le camp.

Ou qui se dégradent au physique et au mental !

C’est toujours l’homme, d’abord

Qui, par son manque de caractère ou de vitalité,

Préfère l’hypnose à la lucidité et l’esclavage

Plus ou moins doré à sa vocation surnaturelle

Faire des hommes, n’est-ce pas, pour commencer,

Faire de la bonne santé ?

Autrement qu’en discours ou en images de télé.

 

L’homme est un : on est trop habitué, par facilité de présentation verbale, à distinguer en l’homme le physique, le mental et le spirituel. Mais l’homme est un et tout en lui se tient radicalement. L’esprit n’évolue pas en vol plané : physique et mental sont liés. Dans nos raids nous apprenons à respirer parce que celui qui respire bien pense bien et que celui qui respire mal pense mal, même s’il est mécanisé aux astuces de la pensée abstraite. 

L’homme devient ce qu’il fait. Malraux disait : un homme est la somme de ses actes. S’il pose des actes de paresse, d’anarchie, il devient minable ou anarchique. Il devient autonome s’il cultive son autonomie. S’il est prouvé que la ville nous crève, il faut en sortir.

L’homme a une allure et un style qui le caractérise. 

Se laisser envahir par la beauté des grands espaces

Cette notion de grands espaces comme celle de la griserie de la vitesse ou de l’immensité de l’infini font partie des choses indescriptibles. Il n’est pas possible de décrire de façon appropriée le ressenti et l’effet qu’ils font sur les uns ou les autres. Le bénéfice sur la santé mentale et corporelle des très grands espaces est réel, mais mal expliqué. Il ne peut que se vivre pas se raconter. Quand Sylvain Tesson décrit l’espace sibérien, même avec son immense talent, il nous ouvre l’appétit et l’envie d’y aller, mais ne peut pas nous prédire ce que nous y ressentirons et encore moins nous éviter de nous rendre compte par nous-mêmes des effets produits. Les grands espaces ne se racontent, pas il se vivent au présent.

Ce terme de « grands espaces » a aussi pour moi une charge émotionnelle particulière. Sept mois avant de passer sur l’autre rive, nous avons encore une fois marché, papa et moi sur notre plage vendéenne, vers le pont d’Yeu. Son rythme était plus lent et pour faire 3000 mètres nous avons dû faire plusieurs haltes. Ses yeux tournés vers l’océan à perte de vue, et la main décrivant un arc de cercle devant le grand large, il a dû me dire plus de cinquante fois « la beauté de ces grands espaces » « la beauté de ces grands espaces » rien d’autre…sauf un moment où assis sur un tronc pour retrouver un peu de souffle, il m’a murmuré « ça aide à croire … ». Il savait qu’il avait rendez-vous.